Sur les chemins de Compostelle dans l'Aube




ИмеSur les chemins de Compostelle dans l'Aube
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Notre Dame du Chêne


En quittant Bar Sur Seine, on entre rapidement dans la forêt de La Garenne des Comtes, ou l'on découvre la chapelle de Notre Dame du Chêne, construite en 1867 par l'Abbé Prud, sur l'emplacement d'une plus ancienne en bois. La légende locale veut qu'un berger découvrit dans le tronc d'un chêne une petite statue de la Sainte-Vierge, qu'il la rapporta chez lui et que celle-ci revint d'elle même sur le site où elle fut découverte. De cette histoire débuta un pèlerinage qui aurait attiré Bernard de Clairvaux et le Roi Louis XI. Une fontaine est située à deux pas, où coule une eau sensée guérir de tous les maux... On y lit : “Vade ad natatoria Siloe - Fides tua te salvum fecit” (Va à la piscine de Siloé - Ta foi t’a sauvé). ...

Polisot *


L'église Saint Denis de Polisot date du XVIe siècle. Elle présente un magnifique portail renaissance sur sa façade occidentale, décoré de nombreuses coquilles, d'un ecce homo, d'un Saint-Edme et d'une Sainte (Savine ou Syre ?) habillée en pèlerine.

Saint Edme naquit en Angleterre au début du XIIIe siècle ; cet archevêque de Cantorbéry décida de fuir les persécutions financières du roi Henri III pour se retirer dans l'abbaye de Pontigny (Yonne) puis en Champagne au couvent de Soissy, près de Provins. Sainte Syre et Sainte Savine sont très présentes dans les églises auboises ; elles ont toutes deux beaucoup voyagé ; Syre pour suivre son frère Fiacre d'Irlande en France, et Savine qui fit un pèlerinage à Rome pour y être baptisée par Eusèbe, futur pape.

Avirey-Lingey


Eglise Saint Fale ou Saint Phal, construite au XVIe siècle. On trouve plusieurs églises et même un village qui rappelle la vie de ce Saint très local. Natif de Clermont, au début du XVIe siècle, Fale, originaire d'une riche famille, fut fait prisonnier par le roi d'Austrasie, fils de Clovis, et conduit en Champagne, ou Aventin, disciple de Saint Loup, le racheta et fit de lui un de ses plus fervents disciples. Fale mourrut en 540. L'église d'Avirey présente un magnifique portail oriental chargé de coquilles. Lingey abrite une chapelle des XIIe et XVIe siècle.

Bagneux La Fosse


Les origines de Bagneux La Fosse remonteraient à la pèriode gallo-romaine, et son nom indique la présence supposée de bains. Le village était d'importance au Moyen Age (la présence d'une forteresse y est attestée) et était rattaché au Comté de Tonnerre et aux Evêques de Châlons sur Saône. Il fut entièrement détruit pendant la guerre de 100 ans. Son église, assez imposante, date des XVIe, XVIIe (une pierre de l'abside est datée de 1676) et XIXe siècles (la tour clocher fut construite en 1826), et présente un joli portail lattéral condamné surmonté d'une belle coquille. Elle est placée sous le vocable de Saint Valentin ; il s'agit sans doute du Valentin Bourguignon du VIe siècle, fils d'une famille noble, élevé à la cours de Childeric Ier, qui renonça à sa vie laïque pour se faire ermite puis prêtre dans l'évêché de Langres.


Bragelogne

Etonnants vestiges que ceux de l'église de Bragelogne ; sa situation, à l'extérieur du village, et son architecture surprenante laisserait presque croire qu'elle a été déplacée du coeur du village et reconstruite pierre par pierre, comme pour veiller sur la belle vallée qu'elle surplombe. Certains vestiges datent de l'église du XIIe siècle, mais l'ensemble fut "reconstruit" au XXe siècle, comme sa façade en bois le prouve... De nombreuses coquilles de niches sont visibles sur la façade. Dans le village, le pélerinage et les vignes toutes proches sont évoquées à l'angle d'une maison par une sculpture moderne d'un vendangeur.




Un chemin à Troyes *


Je ne m'appuie sur aucun texte, aucun fait historique avéré pour la traversée du bouchon de champagne que je présente ici. C'est seulement au fil de mes promenades dans les rues du Vieux Troyes que m'est venue l'idée de ce parcours, qui suit quelques-uns des "indices" trouvés ça et là.


L'hébergement des pèlerins était assuré à Troyes. Plusieurs hospices ou hôtels Dieu avaient, en plus des soins aux malades et aux indigents, la mission de proposer un abris aux pèlerins ; ainsi l'Hôtel Dieu Saint Abraham, situé d'abord hors des murs puis dans le quartier de l'actuel Palais de Justice, accueillait-il les pèlerins se rendant à Jerusalem, tandis que les "michelots" (pèlerins se rendant au Mont Saint-Michel) trouvaient logis et réconfort à l'Hôtel Dieu Saint Bernard, situé entre l'actuelle place Jaurès et la rue de la Monnaie. Plusieurs couvents et abbayes pouvaient en outre accueillir dans leurs dépendances des pèlerins en quête d'un toit lors de leur traversée de Troyes. On trouve aussi mention d'un logis de Saint-Jacques-de-Compostelle dans la rue Paillot de Montabert, ancienne rue du Domino ; la maison du Boulanger, située à l'entrée de la rue, porte d'ailleurs sur un poteau cornier de très belles coquilles, de même que les poutres de la cour du Mortier d'Or toute proche.


Les lieux de culte étaient nombreux (encore neuf églises de nos jours), et certaines devaient plus particulièrement attirer le pèlerin ; l'église Saint-Jacques aux Nonnains bien sûr, disparue à la révolution, mais aussi la collégiale Saint-Urbain et l'église Saint-Pantaléon, deux églises dont la construction est liée au Pape Urbain IV. Les divers inventaires des établissements religieux de Troyes révèlent également un certain nombre de reliques du saint ; la collégiale Saint-Etienne abritait dans son trésor un «bras (de) Saint-Jacques le Petit (le mineur) et de l'autre Saint-Jacques plusieurs notables reliques», l'Hôtel Dieu Le Comte présentait en sa chapelle «un grand bras, couvert de feuilles de cuivre, lequel a un reliquaire de monsieur Saint-Jacques l'apôtre» et l'Abbaye Saint-Martin Es Aires possédait une relique de Saint-Jacques le Majeur, rapportée de Constantinople au début du XIIIè siècle.


Si Troyes était sans nul doute une ville étape pour les "jacquets" du Nord de l'Europe, elle était évidemment une ville de départ pour les Troyens et Aubois désireux de cheminer vers Compostelle. Il existe plusieurs textes historiques qui font mention de ces pèlerins locaux, comme en fait état Claude Mollo (voir la page ressources). Jacques Colet, vicaire de l'église Saint-Nicolas, effectua le pèlerinage de Compostelle dans les dernières années du XVè siècle. Au XVIIè siècle, l'évêque Troyen Malier produisît de nombreuses lettres de recommandation pour des pèlerins des environs : François Gallois en 1654, Pierre de La Cour en 1655, Toussaint Geoffroy, de Bouilly, François Henri et François Bouillard en 1659, Gabriel Vincent, Jean Gastelier et Jean Vincent, d'Aix en Othe en 1660, Jacques Bègue et Edmond Jamard, de Sainte Savine en 1661, Antoine Poupard, de Bercenay en Othe en 1664. En 1660, deux Troyens, Symphorien Freloix et Jean Imbault, décident de prendre le départ pour Compostelle, après avoir rédigé devant notaire un acte d'association, les garantissant en cas de maladie, mort, ou désistement de l'un et de l'autre, et les engageant à "s'assister mutuellement tout au long du parcours". Une autre anecdote, rapportée par Jean Marc Roger dans La Vie en Champagne (voir la page ressources) relate le pèlerinage d'Etienne Moreau, petit bandit de campagne, voleur de cierges dans les églises, et dont la peine de deux ans dans les prisons de l'évêque de Troyes fut commuée en pèlerinage à Saint Jacques en Galice, avec l'ordre "de ne revenir à Troyes qu'avec les preuves de son pèlerinage, sa compostelle".


Le premier édifice des faubourgs de Troyes que le pèlerin rencontrait était situé près de l'actuel rond point de l'Europe ; il s'agissait du Prieuré Saint-Jacques ; «Très anciennement, à la bifurcation des routes d'Arcis et de Bar Sur Aube, s'élevait le prieuré Saint-Jacques, qui dés le XIè siècle, possédait des droits seigneuriaux sur le bourg. En 1593, après la destruction de l'église des Mathurins de Preize, et les dommages essuyés par le couvent, les religieux de Saint-Jacques s'unirent aux Mathurins qui se fixèrent définitivement au prieuré.» (source A Aufauvre, Troyes et ses environs, 1860). Dissous à la révolution, les bâtiments du prieuré furent reconvertis en usine en 1857, et ont disparu depuis.


Passé ce prieuré, le pèlerin se trouvait à l'entrée de la ville et de la rue Kleber (ancienne rue Saint-Jacques), où trônait autrefois la Porte Saint-Jacques. En longeant la rue Saint-Jacques, il trouvait à sa gauche la petite rue Saint-Martin Es Aires, qui mène à l'abbaye du même nom, puis, un peu plus haut, l'église Saint-Nizier. Le portail latéral de cette église arbore une discrète mais jolie coquille au croisement de son pignon de bois.


Le chemin continuait ensuite vers la rue de la Cité ; à droite l'hospice Saint-Nicolas, reconstruit en 1820, mais dont la fondation remonterait au VIIè siècle, et qui pouvait peut-être accueillir les pèlerins, puis l'abbaye Saint Loup (actuel musée) qui faisait face au "beau portail" de la Cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul, construite du XIIIè au XVIIè siècle. La cathédrale conserve de magnifiques vitraux du XIIIè siècle pour les plus anciens. Un Saint-Jacques est visible dans la verrière des apôtres du bas côté Nord, mais il est aussi représenté dans deux hautes verrières du chœur (baie 213) et de la dernière travée de la nef (baie 228) ainsi que dans la verrière du pressoir mystique de Linard Gonthier. Un Saint-Roch polychrome du XVIè siècle orne une chapelle qui lui est dédié.


En quittant la Cathédrale, le pèlerin suivait la rue de la Cité, et trouvait sur sa gauche l'Hôtel Dieu Le Comte, qui pouvait également l'héberger ; la grille monumentale dessinée par Pierre Delphin en 1759 offre à la vue quelques belles coquilles sur le médaillon principal notamment (doit-on y reconnaître le collier de Saint Michel plutôt qu’une évocation de Compostelle ?…). Il traversait les quais et tournait à gauche pour arriver sur l'actuelle place de la Préfecture, où se trouvait autrefois l'abbaye Notre Dame au Nonnains et son église Saint-Jacques à double chœur (l'un pour l'abbaye, l'autre pour les paroissiens). Inutile de préciser que les représentations de coquilles et de Saint-Jacques devaient y être nombreuses, particulièrement sur son portail principal qui accueillait les paroissiens et les pèlerins ; on mentionne dans un inventaire de l'église une statue de Saint-Jacques «d'argent doré assis sur un pied de cuivre doré» ou encore «une bannière de taffetas jaune avec une représentation de Notre Dame et de Saint-Jacques».


En faisant le tour du jardin qui remplace aujourd'hui l'église, détruite à la révolution, le chevet de la basilique Saint-Urbain révèle ses dentelles de pierre au regard du marcheur. L'église fut construite au XIIIe siècle sur l’initiative du pape Troyen Urbain IV, sur le site de sa maison natale, la boutique de savetier de son père. Cette basilique, magnifique exemple de gothique flamboyant, offre là encore quelques belles images de Saint-Jacques ; dans sa verrière des apôtres tout d'abord, et à gauche du chœur, dans cette sculpture polychrome magnifique du XVIè siècle. Saint-Urbain abrite également les fonds baptismaux de l'ancienne église Saint-Jacques (à l'entrée, à droite).


La marche continuait à travers la ville, soit par les rues Champeaux et Molé, le long de l'église Saint-Jean Au Marché, soit par la rue Emile Zola, ancienne rue de l'Epicerie, où le pèlerin du Moyen âge devait sans doute se ravitailler dans les nombreuses échoppes qui s'y trouvaient alors.


En prenant à gauche la rue Turenne, le pèlerin arrivait au chevet plat de l'Eglise Saint-Pantaléon. En longeant son mur nord, on aperçoit dans la maçonnerie une discrète mais jolie coquille. Cette église rappelle une fois encore le pape Urbain IV, de son nom laïc Jacques Pantaléon ; son prénom est particulièrement célébré par une chapelle Saint-Jacques, magnifiquement éclairée par une verrière en grisaille de la bataille de Clavijo, où Saint-Jacques est supposé avoir mené les Espagnols chrétiens à la victoire sur les Maures musulmans ; le saint monte un grand cheval blanc avec dans une main un drapeau à coquilles et dans l'autre une épée. Une remarquable sculpture de Saint-Jacques attribuée à Dominique Le Florentin est également visible dans l'église ; il est représenté assis, son chapeau aux larges bords sur le dos, un bâton et un livre ouvert à la main. Un autre vitrail enfin, dans les hautes verrières du chœur, le représente avec son bourdon.


En quittant Saint-Pantaléon, le pèlerin rejoignait la place Jean Jaurès, ancienne place du marché au Blé, puis empruntait la rue Truelle, ancienne rue Saint-Nicolas, qui longe l'église Saint-Nicolas, dont les murs extérieurs sont décorés de multiples niches à coquilles. La ruelle menait autrefois à la porte-tour au Mistre ou porte d'Auxerre, par laquelle le pèlerin quittait la ville pour rejoindre Tonnerre puis Auxerre et Vézelay.





Autres chemins dans l'Aube


D'autres "chemins de Compostelle" existaient dans l'Aube, même si leur tracé d'aujourd'hui ne permet plus vraiment de les emprunter entièrement à pied ; voie rapide, route, cultures ont bien sûr modifié considérablement le réseau de voies et chemins du moyen âge. Pourtant, si l'on se réfère aux cartes locales de la série bleue (échelle 1:25000) de l'IGN, on arrive à retrouver le tracé d'anciennes voies romaines notamment, qui étaient empruntées par les marchands se rendant aux foires de Champagne au temps des Comtes de Champagne. Pour favoriser l'essor économique de ces foires, les Comtes assuraient la protection des marchands (ou de tout autre voyageur) qui se rendaient à Troyes ou Bar sur Aube, pour notre département, ou à Provins et Lagny pour le Nord-Ouest de l'ancien Comté de Champagne. Quand on sait les dangers encourus par les pèlerins du Moyen Age, ces voies "sécurisées" étaient une réelle bénédiction.


L'aube s'est vite trouvé à la croisée des chemins, qu'ils soient ceux des marchands ou des pèlerins. Les infrastructures gallo-romaines sont empruntées et entretenues par les voyageurs du moyen âge. Notre département est traversé par plusieurs voies romaines d'importance, dont la voie d'Agrippa, qui reliait l'Italie à Boulogne sur Mer ou à Trèves. Cette voie semble se diviser en deux itinéraires à partir de Châlons sur Saône, le premier rejoignant Châlons en Champagne par Troyes, l'autre par Langres et Bar Sur Aube. D'autres voies secondaires existent et sont entretenues au Moyen âge ; la voie de Troyes à Beauvais par Meaux, la voie de Troyes à Sens, la voie de Troyes à Avallon par Chaource, la voie de Rhèges (Troyes - Reims), etc. Ces itinéraires, dont le tracé a souvent servi à dessiner le réseau routier actuel, permettent à de nombreux pèlerins de se rendre sur les hauts lieux sacrés de leurs siècles. Bien avant la découverte du tombeau de Saint Jacques, les pèlerinages sont nombreux, parmi lesquels ;

• Auxerre pour l'abbaye Saint Germain au VIe siècle,

• Tours pour le tombeau de Saint Martin dès le Ve siècle,

• Reims pour le tombeau de Saint Rémi dans la deuxième partie du VIe siècle,

• Fleury pour les reliques de Saint Benoit rapatriées par les moines de l'abbaye au VIIe siècle,

• le Mont Saint Michel et son premier sanctuaire au début du VIIIe siècle,


mais aussi bien sûr les destinations plus lointaines ;

• Rome pour les tombeaux de Saint Pierre et de Saint Paul que l'on rejoint par la voie "Francigena" qui traverse l'Est du département,

• Jérusalem pour le tombeau du Christ.


Il n'est pas étonnant que dès le IXe siècle, en 865, on décide de créer à Pont Sur Seine, sur l'ancienne voie romaine de Meaux à Troyes, un hospice pour accueillir les pèlerins malades et les voyageurs pauvres. Pont sur Seine est un lieu de passage stratégique à cette époque (de son ancien nom, Douze Ponts), et le restera encore quelques siècles avec son péage seigneurial puis comtal au temps des foires.


On peut retracer quelques trajets en lisant les récits de voyageurs des siècles passés, et surtout réaliser la multiplicité et la diversité de ces trajets selon leurs intentions. En 1395, le Seigneur d'Anglure emprunte sans doute la voie romaine de Rhèges pour relier son fief à Troyes puis Chatillon Sur Seine alors qu'il est en partance pour Jérusalem. En 1532, le seigneur de Champarmoy et Grandchamp, en route pour Jérusalem, part de Nogent Sur Seine et passe par le Paraclet, Pavillon [Sainte Julie], Troyes, Bar Sur Seine, Courteron et Mussy avant de rejoindre Lyon puis Venise ; à son retour, il fera halte de nouveau à Troyes puis à Villenauxe. Quelques décennies plus tard, en 1609, François Vinchant, voyageur belge, passe par Reims, Châlons, Rosnay L'Hôpital, Brienne, Bar Sur Aube et Clairvaux pour rejoindre Dijon lors de son pèlerinage à Rome. La même année, le voyage du bourgeois Lillois Pierre Le Monnier passe lui aussi par Troyes pour rejoindre l'Italie.


D'autres sources permettent aussi d'emprunter les chemins d'antan ; les guides de voyages sont dans leur forme actuelle des inventions relativement récentes, toutefois, quelques précurseurs ont décrit des itinéraires que devait emprunter le voyageur en France. Je citerai ici deux ouvrages, tous deux consultables en ligne dans la banque de données GALLICA ; l'un daté de 1556 et signé Charles Estienne, intitulé "Guide des Chemins de France", l'autre daté de 1788 et intitulé "Itinéraire complet de la France". Dans le premier, l'auteur décrit succintement les principales routes partant de Paris vers la province. On trouve ainsi l'itinéraire de Troyes à Paris, mais aussi celui de Troyes à Chatillon sur Seine :


Troyes - Bréviandes - La Vacherie - Saint Parres les Vaudes - Chappes - Fouchères - Bourguignon - Bar Sur Seine - Villeneuve "Bonne papeterie" - un pont "A main gauche la rivière d'ourse se rend en Seine" - Buxeuil "Laisse Potigny et Polsy à main dextre" - Neuville "Commencent les maisons être couvertes de pierre dure et tenue" - Gyé - Courteron "Le goulet d'Augustine, lieu jadis dangereux de brigands" - Mussy l'évêque (Sur Seine) - Cheretierry (Charrey ?) "Laisse Potiers à main dextre - abbaye - mauvais chemin en hiver" - Villers les Potiers (V. Patras ?) - Varenne (Vannaire ?) - Chatillon Sur Seine.


Dans l'ouvrage de 1788, les descriptions sont plus détaillées, et les trajets entre les principales villes du royaume sont décrits avec une grande précision :


* De Troyes à Auxerre, Route de traverse (par Bouilly, Auxon, Saint Florentin) : De Troyes et Faubourg Croncels, on passe à l'est de l'abbaye de Moutier (Montier) la Celle, 1/4 de lieue Ouest des Chartreux. Vignes, 1/2 quart de lieue à l'Est de St André les Moutier (les vergers). Ouest du moulin à vent de Rosières. 1/4 de lieue de Fontaine St Martin. Prairies, Russeau et ville de St Germain de Linçon. 1/2 lieue des moulins à vent et de la ville de Lépine. A l'est du moulin à vent et de la ville de Laine aux Bois. A Richebourg. 3/4 lieue du vieux château de Montaigu. 1 lieue et 1/2 de vignes à traverser, en passant à 1/2 lieue de Souleaux (Souligny); 1 lieue et 1/2 de Moussey. Côte, 1/2 lieue à l'Est du moulin à vente et de la ville de Bouilly. 1/2 lieue à l'Ouest de Saint Jean de Bonneval. A l'Est de Villery et de la forêt d'Othe. Pente rapide et Ville d'Aubeterre. à l'ouest du moulin à vent de Lirey : belle vue. Fourche de la route de Tonnerre. 1/2 lieue à l'Est de Javernant. A Chemineau. 3/4 de lieue à l'ouest de Machy. 1/2 lieue au nord ouest de Saint Phal. Vallon et prairie, au nord ouest de Chamoy. A Auxon. D'auxon on passe la côte de Plessis Puiseau. Vallon, à 1/4 de lieue de Sivrey. Côte à 3/4 de lieue de Montfey et Chaillots. Vallée et prairie, au nord de la forêt. Côte, à 1/2 lieue de Vosnon et de la forêt d'Othe. Vallon et village de Villeneuve au Chemin. Côte et vallon. (...)


* De Troyes à Tonnerre par Chaource : De Troyes et faubourg Croncels on passe devant les Chartreux. A bréviandes, hameau. Pente rapide à l'ouest de Courgerennes. Fourche de la route de Dijopn. Le long du parc et devant le château de Villebertin. 1/4 de lieue à l'est de Moussey. Pente rapide et hameau des Roches. Pont et rivière de Mognes. Côte et village d'Isle ou Aumont. 1/4 de lieue à l'ouest de Saint Thibault. Belle vue. 1/4 de lieue à l'est du Château de Vireloup. Entre les Bordes et le château de Bray. Côte et hameau de la Trinité, près de Crémeau (Cormost). 1 lieue à l'ouest de Vaudes et St Parres. A 1/2 lieue a l'est de La Vendue Mignot : belle vue. 1 lieue et 1/2 du village et du moulin à vent de Lirey, sur le sommet de la montagne. 2 lieue de la forêt d'Aumont et de Chaource à traverser, en passant au château de Montchevreuil. A l'est des Vendues l'Evêque ou Hautes Vendues et de Coulons. 1/4 de lieue des Loges Margueron. 1/2 lieue de Metz Robert. Pente rapide à l'ouest de Bailly. Pont et rivière d'Armance et de la Pidansatte. A Chaource. A Saint Jacques et Rue d'Enhaut. Vallon, est des bois de Cussangy. Côtes de vignes, 1/4 de lieue à l'ouest de la Jesse, du moulin à vent et du château de Montigny. Est du château de Chenoy. A Cussangy, 1 lieue à l'ouest de Maisons. Vallon pont et rivière de Landion. Côte, 1/2 lieue a l'est de Vallières. 1/2 lieue au nord ouest de Chesley. Ouest de la justice et du hameau de Châteliers. Vallon, Est de Prusy. 1/2 lieue à l'ouest de Chaserey. A Coussegrey.


* De Troyes à Plancy (en direction de Chateau Thierry) De Troyes on passe le faubourg Saint Jacques, devant les Mathurins et à la route de Langres. A La Bouras. Pont et Rivière de Seine. Au Pont Hubert. 1/4 de lieue a l'ouest de Villechétif. Le lon à l'est du village et parc de Pont Sainte Marie. Côte et à l'est de Lavau. 1/2 lieue à l'ouest de Creney, vignoble. Vallon, à l'est de la Vallote et Caloison. Côte, 1/2 lieue à l'est du village et château de Ste Maur. 1/2 lieue à l'ouest de Vailly. 3/4 de lieue à l'est de Vannes. 1 lieue au nord est de Saint Benoît. 1 lieue et 1/2 de Saint Lié et plus loin le moulin et village de Montgueux. Au bois de Feuges, 1/2 lieue à l'ouest du village. Vallon, 1 lieue et 1/2 à l'est de Mergey, Villacerf et Château. Vallons et pentes rapides à traverser. 1/2 lieue à l'est des petites Chapelles ou Chapelles Vallon. A la chapelotte Sainte Geneviève : belle vue. Vallon, 1/2 lieue des Grandes Chapelles. A Premier-Fait. Carrefour de la route de Nogent à Arcis. A reges. 1/2 lieue à l'ouest de Bessy. 1/4 de lieue de prairies et pont à passer. A 3/4 de lieue à l'ouest de Viapre. Rivière d'Aube et à Plancy.


Mais revenons maintenant à nos chemins de Compostelle ! Le topo-guide de la Fédération Française de Randonnée Pédestre "Les coteaux du Champagne aubois" mentionne trois chemins principaux ; l'un passant à Bar Sur Aube, un autre passant par Troyes en venant de Reims, et un troisième passant à l'ouest du département par Villenauxe et la forêt d'Othe.


En se référant aux vocables des églises paroissiales ou de chapelles disparues ou encore présentes, il est possible de déterminer un certain nombre de lieux spécifiquement "jacquaires" dans notre département. Par ailleurs, les "indices" - statues ou vitraux de Saint-Jacques et coquilles (autres que purement décoratives) - permettent encore d'affiner la définition d'éventuelles étapes où le pèlerin pouvait célébrer, en plus du Saint local, son objectif ultime de pèlerinage, Saint Jacques de Compostelle. Les recherches effectuées notamment par Claude Mollo (voir la page ressources) permettent de dresser un cartographie assez précises de ces lieux de passages présumés et de distinguer des lieux spécifiquement jacquaires des villages comportant des indices liés au pèlerinage de Compostelle. La localisation des principales abbayes de la région comme autant de lieux d'accueil des pèlerins vient encore préciser les itinéraires possibles.







De Plancy à Troyes


Cette première partie de la traversée du département emprunte d'anciennes voies romaines, attestées, et toujours indiquées sur les cartes IGN actuelles. Ces voies reliaient Reims à Troyes en passant par Epernay, Vertus et Pleurs, avant d'entrer dans l'Aube par Plancy. A partir de Plancy, deux voies parallèles s'offrent au marcheur ; celle (médiévale ?) des Grandes Chapelles, et celle (romaine) de Rhèges. Ces deux voies très proches traversent des paysages quasi lunaires en hiver ; ceux de la plaine champenoise et de ses grandes culrures. Peu ou pas de relief, quelques arbres ou bosquets isolés, rien n'accroche l'oeil du promeneur si ce n'est le charme des villages traversés.

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